Il était une fois, un jardin en permaculture, pendant un été qui ne s’était pas déroulé “normalement”. Pluie tout le temps, brouillard dans ma tête.

Je vous aurais bien rédigé des articles cet été, mois par mois, comme tout le monde, mais on va pas faire comme ça.

On va parler de ma grosse erreur de stratégie :

En mai, j’avais installé des bacs.Bon. Ça m’a permis de protéger les semis avec du voile de culture, et d’obtenir un peu de chaleur, grâce aux matières en décomposition.

Envisageant trois ou quatre canicules, j’ai tout bien serré, bien optimisé l’espace et les arrosages. Mais voilà, il a fait froid sa mère, et les jours de pluie se sont enfilés comme des perles sur un fil interminable. Le moral dans les chaussettes, on se dit que, bon, au moins, on aura pas à arroser.

Hahaha.

Constatations navrantes :

S’il a suffisamment fait très moche pour provoquer un mildiou général, l’humidité n’était qu’en surface. Au bout d’un moment, je me suis aperçue que la terre était sèche comme un coup de trique. Donc, il a fallu tout de même vider la cuve de 5000 litres d’eau. Elle a tenu, tout de même, jusqu’au 28 août.

Adieu les tomates :

Voyons le verre à moitié plein. La galère permet des expérimentations. Au lieu de tout brûler, j’ai enterré les pieds. Je les ai déplacés, recouverts, arrosés comme si de rien n’était. parfois ça marche : elles reprennent. trop tard, mais elles reprennent. Du coup, je récupère les graines des deux fruits qui ont réussi à vivre. Parfois ça pourrit, et puis c’est tout.

Pour les fruits, on repassera :

Mai avait déjà compromis les espoirs de récoltes.

Si les framboisiers ont donné tout ce qu’ils pouvaient, les mûres pleines de promesse se sont desséchées juste avant de mûrir. les trois prunes, et deux pommes, ont été laissées aux oiseaux. Du coup, les écureuils se jettent sur les noix encore vertes, tellement ils ont faim.

Impossible également de se réjouir de la quantité de tisanes. Le séchage a été exaspérant, et la menthe abîmée par une quantité inégalée de bébés escargots. On boira du thym, de la sauge, de la mélisse, du framboisier, de l’hysope, et du romarin. Je suis sûre que le jardin a un message à délivrer sur les pathologies à prévoir cet hiver.

La fête des emmerdeurs : les prédateurs en techno-parade

Souris, fourmis, escargots, charançons, chenilles, se sont donnés le mot pour nous compliquer encore plus l’existence.

Chacun son tour :

Les souris :

On va pas mettre de la mort au rat. On va juste protéger en ne laissant RIEN traîner. Boucher les issues, enfermer le linge, ranger les aliments, passer l’éponge et le balai, c’est tout ce qu’on peut faire. On pourrait avoir un chat, mais non : je fais tout mon possible pour accueillir les oiseaux, c’est pas pour les donner à des enfants gâtés.

Les fourmis :

On va chercher à mieux les connaître. Plusieurs sortes de fourmis habitent la même fourmilière. Dans mon jardin, ce sont les coupe-feuilles de la colonie qui me posent problème, et dans la maison, les nettoyeuses. D’abord, pour quoi sont-elles là ? Elles indiquent qu’il y a un truc à nettoyer dans la maison, que le terrain souffre de sécheresse. Elles pollinisent les plantes, aèrent le sol, régulent larves et chenilles. On va donc les aimer. Mais pas dans la maison. Dans le potager, un peu, mais pas en mode fourmilière.

On va donc utiliser un code. Là où je ne veux pas les voir, je fais un bourrelet de cendre, je plante de la menthe, je nettoie à leur place.

Les escargots :

On a réussi à tenir les limaces hors du potager. Même cet été. Cette année a été très propice aux escargots. Ils aiment se rassembler, en particulier aux abords, voir dans, les bacs de culture. C’est pratique, du coup. Je les ramasse, et je les pose sur les arbres que cet été humide rend malade. Au mieux, ils soignent les arbres, au pire, et donc, encore mieux, ils vont nourrir les oiseaux et les écureuils (si).

Les charançons :

Misère de misère. C’est vraiment pas cool. Les larves bouffent les racines, et les adultes les plantes. Quant aux réserves de graines, c’est pas appétissant après leur passage.

On surveille bien, on attire les oiseaux. On bine et arrose le sol plus souvent. Ça aide de pailler avec de l’ail, de l’oignon, du laurier, du marc de café. On écrase tout adulte mal placé. Dans la maison, si on en trouve dans un paquet de céréales, ou de haricots secs, on plonge le tout dans l’eau bouillante ou dans la cheminée. Si l’invasion est très très réduite, on peut congeler les graines infestées, sachant que toute graine trouée est morte, et que donc, elle ne se réhydratera pas. Si tu veux voir sa tête.

Les chenilles :

Là, je sais pas quoi dire. Ça dépend. Le mieux, c’est de dédier un espace pour les papillons. Du coup, on les ramasse, et on les emmène dans la zone sauvage. Favoriser leurs prédateurs, il n’y a que ça de vrai. On peut mettre des filets de protection, surtout sur les choux.

Solutions plus ou moins heureuses, expérimentées au jardin en cette année de pluie anxiogène :

Le compost à même les bacs :

Ça peut sauver par la chaleur que ça provoque.

Ça reste difficile d’intervenir sur une attaque de charançons. C’est vraiment exigu. Les fourmis adorent s’en servir de pouponnières. Les escargots aussi.

Je pensais que ça profiterait aux courges, mais bof. Je me suis dit que ça profiterait aux patates, mais re-bof. Par contre, j’ai jamais eu d’aussi gros plants de salades et de courgettes. Les maïs ont adoré.

Impossible, d’envisager une pépinière qui évoluerait en zone de culture. Faut choisir. Les plantes fragiles, comme les tomates, sont à en bannir. Mais c’est cool de pouvoir y planter facilement des piquets, et c’est un génial support pour voile de forçage.

En prévision du futur, j’aime bien. Les endroits où ils ont été posés seront plus fertiles et souples, avec peu d’effort, et à moi les artichauts.

Les escargots rassemblés :

Justement dans et autour des bacs. Si ça facilite la collecte, il faut être régulier. Un matin, après une légère inattention de trois jours, j’ai trouvé une bonne dizaine de couples en action, et trois zones de pontes récentes.

Le bicarbonate de soude :

Mes enfants se fichent de moi, parce que j’en mets toujours un pot dans ma valise. Il me sert à tout. Par exemple, à lutter contre les fourmis, et le mildiou. Sauf que ça brûle aussi les plantes. Alors, c’est à utiliser dilué dans l’eau d’arrosage, avec une grande parcimonie. Par ailleurs, comme c’est justement un fongicide, alors que nous, on veut favoriser les champignons du sol … tu vois ce que je veux dire ?

Les huiles essentielles :

Attention avec ça. Les vers de terre, ça les fait souffrir. Mais j’aime bien m’en servir sur les arbres. Et puis, j’ai eu de bons résultat sur le mildiou, en mettant un peu de tea tree dans l’arrosoir. Je préfère quand-même les infusions et le paillage à l’ortie.

Les orties :

Pleines de vitamines, géniales pour soigner les tomates malades, je paille avec. Si je ne veux pas en trouver partout l’année d’après, j’évite de les poser avec leurs graines, ou je les cuis.

La cendre et le pipi :

De la mesure en toute chose. Les sur-utiliser serait néfaste. Mais pour renforcer, fertiliser, éloigner, ça a donné de bons résultats. Enfin, la règle normale d’un jardin en permaculture, été comme hiver.

Les choses qui allaient bien :

Le trèfle blanc et la brunelle sont restés en place tout l’été, et ça, c’est cool. Les abeilles ont pu manger un peu, entre deux pluies, entre deux matinées trop froides.

Les carottes, les blettes, les courgettes, les salades, les maïs, les chenilles.

La marre est restée en eau jusqu’à fin août, sans effort de notre part, alors qu’elle est juste en argile.

Je m’étais posé comme objectif zéro zone érodée cet été : j’ai été exaucée.

Conclusion :

L’an prochain, j’envisage tous les scénari.

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