Lettre ouverte aux élus : une trame verte, bleue, et brune

Une jeune forêt, une jeune prairie, une mini trame verte, brune, et bleue, au cœur de la Ville. Si je peux aider …

Il parait que ça chauffe, et nous sommes tous occupés à maintenir quelque chose qui n’existe plus. Divertis à planter trois plantes et arroser trois brins d’herbe pendant que l’eau s’échappe, s’empoisonne, s’évapore. Les ventilateurs s’arrachent dans les magasin, alors que la pergola nous tend les bras.

Nous devrions tous désimperméabiliser, restaurer, mais nous nous entêtons à maintenir notre emploi, à ménager la chèvre et le chou. Le rendez-vous pourtant, est en train de s’achever.

Imaginez des tractopelles enlevant du bitume, des citoyens planchant ensemble sur le design le plus harmonieux. Vous y êtes ? Et dans cinq ans, vous les voyez transmettre les bons gestes à leurs enfants ? Vous anticipez la petite ombre fraîche ?

Chaque surface est à envisager comme solution :

Esthétisme, expérimentation, lien social, climatisation, lutte contre la consanguinité des espèces, récoltes, apprentissages, réconciliations, qualité de l’air, juste répartition de la pluie, stockage du carbone : la ville permet tout ça.

Par la diversité de ses surfaces, la ville permet une diversité de projets allant tous dans le sens d’une jungle fertile. Murs, parcs, friches, toits, qu’est-ce qu’on attend pour faire courir la biodiversité sur tout ce potentiel ?

Un projet transversal :

Oui, il faut des architectes, ingénieurs, urbanistes, politiques, artistes, citadins, agronomes, permaculteurs, scientifiques, paysagistes, assureurs, constructeurs, amoureux. Ensemble.

C’est une lettre ouverte aux élus, une bouteille à la mer lancée aux bonnes volontés. C’est une perche tendue aux audacieux, aux prévoyants, aux sentinelles.

Chaque Mairie a ses projets . Je propose une forêt de projets. Il faut de la biodiversité en toute chose, et une coordination joyeuse pour l’orchestrer. J’aime bien coordonner des groupes d’habitants, concilier les contraintes avec les envies. Oui, je sais, vous avez lancé un chantier. il en faut plusieurs, ils doivent être variés.

Bref, je vous attends. En rêvant de petites forêts en guise de climatisation, d’étendues sauvages et punks, d’esthétisme et de réconciliations. En rêvant ? Non, en projetant. Parce que ce n’est pas une utopie, c’est une urgence.

Un jour, les petits arbres deviennent des mères.

Parlons de la mort, vous voulez bien ?

L’humanité fait en ce moment le choix du suicide collectif. Ce sera sans moi. Admettons que tout soit foutu. Et alors ? Qu’est-ce qu’on a de mieux à faire que permettre la vie, même sans nous, en attendant la cuisson ?

Comment donner un sens à nos vies, sans envisager la mort ? une bonne dizaine d’aiguilles sur le visage, c’est le message que j’ai reçu de mon acupunctrice, un jour d’angoisse. Je ne suis pas sûre d’avoir vraiment compris, à l’époque. je crois avoir été touchée par les mots, au niveau cérébral. À présent, ce sont toutes mes cellules qui saisissent la gaieté qui se cache derrière tout cela. La mort est tellement fertile. Son idée nous met en mouvement, sa réalité nourrit la terre.

Bref, la permaculture, c’est exactement ça: envisager au delà de nos intérêts d’aujourd’hui. Au delà de nos égos assoiffés,ce qui, après nous, sera profitable, non seulement à nos progénitures, mais à toute la planète, et, soyons quand-même ambitieux des chevilles : à l’univers. C’est en améliorant, en réparant, en admettant qu’on a pris trop de place, et qu’on doit en rendre bien plus que la moitié, que nos vie auront un sens.

Mais le bonheur, c’est tout de suite. Comme celui de profiter dans peu de temps du fruit d’un travail collectif, à l’ombre des lisières créés par nous même.

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